Turquie

La Turquie libère un journaliste de Vice après 131 jours de détention

Le journaliste de Vice News Mohammed Ismael Rasool a été libéré le 5 janvier après plus de quatre mois de détention en Turquie. Il effectuait un reportage sur le conflit kurde lorsqu’il a été suspecté de participer à des activités terroristes avec ses collègues.

Vice News

La journaliste de Vice Mohammed Ismael Rasool a été libéré après plus de quatre mois de prison

Mohammed Ismael Rasool sort d’un enfer de plus de 131 jours sous les barreaux en Turquie. Lui et deux collègues journalistes de Vice News avaient été arrêtés pendant qu’ils couvraient le conflit entre les la police turc et les rebelles du Parti des travailleur du Kurdistan (PKK) en août dernier. Les affrontements entre les deux protagonistes avaient pourtant cessé depuis deux ans avant de reprendre de plus belle.

Inculpés de « participation à des activités terroristes », le tribunal de Diyarbakir leur reprochait d’avoir entretenu des contacts avec le groupe djihadiste Etat islamique (EI) et le PKK. Mohammed Ismael Rasool avait alors été placé en garde à vue puis écroué le 31 août 2015 par le tribunal. Les deux reporters, Jake Hanrahan et Philip Pendlebury avaient été libérés le 3 septembre.

Libre, mais sous caution

Annoncé par Vice ce 5 janvier, la libération de Mohammed Ismael Rasool s’est faite sous caution. Selon un document publié par la cour du Diyarbakir, aucun paiement de caution n’aurait été fait. Le journaliste aurait seulement été mis en détention par « mesure de précaution”. Même s’il s’est débarrassé des barreaux, Rassol n’est pas autorisé à quitter le territoire avant son procès et doit pointer deux fois par semaines au commissariat.

La direction de Vice News, soulagée mais silencieuse

« Nous sommes heureux d’annoncer que Rasool est maintenant impatient de retrouver sa famille, ses amis et collègues qui demandent que sa vie privée soit respectée pendant ces moments. » témoigne la direction de Vice News, depuis les Etats-Unis début janvier. Mais depuis cette annonce,  silence radio. Vice News ne donne aucuns détails sur la santé de l’otage, ni à propos de ses conditions de détention.

La Turquie n’est pas sans risque pour les journalistes. Au pouvoir depuis 2002, le régime conservateur du président Recep Tayyip Erdogan est régulièrement accusé par la communauté internationale et les ONG de défense de la liberté de la presse. Le pays se place à la 149e place, sur 180, au classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF, derrière la Birmanie (144e) et juste devant la Russie (152e).

 

Elodie Sartoux

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