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Médias et les jeunes : « Un pote sera toujours plus crédible qu’un média »

 

Médias d’information : où sont les jeunes ? Cette problématique préoccupe aujourd’hui bien des rédactions qui vieillissent en même temps que leur lectorat. Analyse.

Pour intéresser les jeunes, il faudrait que l’info soit faite par des jeunes. C’est le point sur lequel se sont arrêtés les sociologues, journalistes et acteurs des médias invités à la table ronde du 22 janvier dernier organisée par l’INA autour de la relation jeunes et information. Aujourd’hui dans les rédactions, la moyenne d’âge tourne autour de la cinquantaine, et si l’on prend l’exemple de France Télévision, le téléspectateur type a à peu près la soixantaine. “Il ne faut pas qu’on accompagne la fin de vie”, ironisait, bien que jeune, Samuel Laurent, journaliste chez Le Monde.

Des médias traditionnels en marge

Bien évidemment la télévision n’est pas le premier médias, loin de là, comme le rappelait Eric Scherer de France Télévision: “Ce n’est plus la radio qui annonce, la télé qui montre et la presse qui explique, c’est plutôt la notification sur le Smartphone qui informe, le réseau social qui montre et la vidéo qui explique. (…) L’information n’est plus décidée par un homme blanc de plus de 50 ans, elle est aujourd’hui formatée par des machines, des amis ou des service”.

En 10 ans, le jeune regarde 20 minutes de moins la télévision par jour. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne s’informe pas. Nous avons demandé à Louise, Charlotte, Sarah et Alexandre quels étaient leur rapport à l’information et tous ont répondu qu’ils s’informaient au moins 45 minutes dans la journée. Même si Louise, 17 ans, regarde la télévision une heure par jour avec ses parents, Charlotte préfère la radio et Sarah les deux. Alexandre, lui, est plutôt branché web. “Si il y a bien un endroit où je m’informe c’est sur Tweeter, en te créant un flux sérieux, tu peux suivre efficacement l’actualité”.

Faire confiance à ses amis plus qu’aux médias ?  

Durant la conférence, les acteurs des médias ont également remarqué que les jeunes sur les réseaux sociaux avaient plus tendance à partager et liker des articles que lire de vrais sujets de fond. Ils ont également insisté sur le fait qu’un “pote sera toujours plus crédible qu’un média”. Pourtant, Charlotte croyant sur parole un ami, tous les autres jeunes interviewés vont aller vérifier l’information s’ils la jugent importante.

Conclusion de cette conférence, il faut parler de manière jeune et de sujets jeunes pour attirer cette tranche d’âge. Car rappelons que la génération Y représente la moitié de la population mondiale et que c’est un véritable public qui s’intéresse également à l’actualité. Une chasse à la sorcière semble avoir commencé avec l’évincement de plusieurs personnalités médiatiques et emblématiques françaises comme Claire Chazal, Julien Lepers et peut-être bientôt… Patrick Sebastien.

© Photo de Une : Pexels.com

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Juliette Bassine

En alternance chez Voyages-sncf.com, je ne suis pas cheminote. Intriguée par l'évolution de l'internet et de ses outils j'ai rejoint l'équipe de Medialism en toute logique !

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