Mediawan

Mediawan : la capitalisation des médias

Un nouveau fonds d’investissement a vu le jour. À sa tête : Xavier Niel, Mathieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton. Trois hommes d’affaires déterminés à acquérir plusieurs entreprises dans le domaine des médias et du divertissement.

Né mardi 12 avril 2016, ce fonds d’investissement est la pierre angulaire d’un grand groupe d’entreprises de médias. Longtemps annoncée  sous le nom de « Media One », cette société est la première en son genre en France. Il s’agit là d’un SPAC (Special Purpose Acquisition Company) c’est-à-dire une société cotée en bourse dédiée spécifiquement à une acquisition.

Comment fonctionne Mediawan ?

Les fonds recueillis auprès du public ne sont pas attribués à un projet précis et laissent la liberté aux investisseurs de sélectionner leurs cibles. Les fonds levés sont conservés sous forme de cash en vue de financer ultérieurement l’acquisition en question. C’est donc l’ouverture des médias cotés en France car l’argent levé servira à investir exclusivement dans « les médias et le divertissement ».

Une fois les fonds levés, Mediawan se doit d’investir dans les « 24 mois à compter de l’admission aux négociations de ses titres pour réaliser l’acquisition », selon le communiqué de création. L’objectif est d’atteindre 250 à 300 millions d’euros avant l’ouverture sur le marché boursier. 75% des investissements pourront être effectués en France et en Europe. Les 3 fondateurs, Xavier Niel, Mathieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton détiendront 20% des actions délivrées par Mediawan.

L’appel aux investisseurs est lancé, mais il faut que l’objectif minimum soit atteint, sans quoi il n’y aura pas de cotation en bourse. D’autre part, si aucun investissement n’est effectué 24 mois après la cotation, les investisseurs retrouveront leur argent.

Qui est derrière ce fonds ?

Xavier Niel est dirigeant du groupe Iliad, société mère du fournisseur d’accès internet Free. Entrepreneur dans l’âme, il a monté son empire basé sur les télécommunications. Féru de technologies, il a créé l’école 42 visant à former à la programmation et aux métiers techniques du numérique. Investisseur à la chaîne, il a beaucoup investi dans les médias d’information comme Mediapart ou Atlantico. Avec Matthieu Pigasse et Pierre Bergé, ils sont les copropriétaires du Monde depuis 2010.

Mathieu Pigasse est le directeur de la banque Lazard France et propriétaire du magazine Les Inrocks. Ce banquier d’affaires a développé un goût prononcé pour le Rock et n’hésite pas à jouer la provocation. Malgré sa fortune, l’homme se revendique de gauche et se présente comme un révolutionnaire aisé. Personnage de caractère, il s’engage dans le projet Mediawan bien armé.

Pierre-Antoine Capton a fondé et dirige 3e Œil Productions, actuellement le plus gros producteur indépendant de contenus audiovisuels en France. Il produit  notamment « C à vous » sur France 5 ou encore « Ça balance à Paris » sur Paris Première. Avec des projets marquants dans cette veine, il est en voie de produire les contenus de demain. Il devient le président du directoire de Mediawan à sa création.

D’autres noms des médias et de la finance sont pressentis comme investisseurs dans le fonds, ce qui ne fait qu’asseoir le projet.

À quoi ça sert ?

L’objectif de cette société est de faire des acquisitions dans les médias ou le divertissement. Pierre-Antoine Capton explique que Mediawan a l’ambition de devenir « l’une des plus grandes plates-formes de contenus européens ». Il ne se prononce pas clairement sur les entreprises visées par les investissements. « Pour le moment, on a observé le secteur pour identifier des cibles potentielles, mais aucune discussion ne sera engagée avant le 22 avril », indique-t-il.

Ce qui est sûr, c’est que des entreprises emblématiques des médias et du divertissement sont visées et que des remaniements en leur sein seront appliqués. La presse et les télécoms sont à l’abri car les fondateurs de Mediawan sont déjà actionnaires de grands titres ou d’un grand réseau de télécommunications. Cinéma, audiovisuel, radio, digital… « On ne s’interdit rien. Mais la presse n’est pas notre priorité et les télécoms sont exclus ». D’après les trois dirigeants, les investissements se tourneront vers des sociétés familiales, des entreprises en difficulté financière dont l’image de marque devra être forte.

Charles Deyrieux

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