« Panama Papers » : succès couronné de l’investigation mondialisée

 

Enquête au long cours menée par l’ICIJ (International Consortium of Investigate Journalists) « Panama Papers » est la plus grosse fuite d’informations jamais exploitée par des médias.

 

Il aura fallu un an et le concours de 370 journalistes du monde entier pour mettre à jour cette affaire. Publiée dimanche 3 avril par le journal Le Monde (en ce qui concerne la France), l’enquête fait l’effet d’une bombe. Les révélations  sidèrent par leur ampleur. L’ICIJ a mis la main sur 11,5 millions de données, composées de tous types de documents venant de Mossack Fonseca, un cabinet d’avocats panaméen, spécialiste de la domiciliation offshore. Le consortium de journalistes a ainsi percé les secrets du Panama, l’une des dernières places fortes du secret bancaire.

L’investigation en réseau

A l’heure où l’investigation est sérieusement ébranlée par la crise de la presse, car trop coûteuse pour les rédactions, les révélations de l’ICIJ démontrent la nécessité de ce travail journalistique. A l’origine de ces révélations, un lanceur d’alerte (dont l’anonymat est respecté) contacte le journal Allemand « Süddeutzsche Zeitung ». Le consortium de journalistes s’empare de l’affaire et procède à la vérification de l’authenticité des données divulguées. Des milliers de noms sur la liste des clients du cabinet d’avocats.  Des anonymes bien sûr, mais également des chefs d’Etat ou de gouvernement, des responsables politiques, des grands noms du sport, des célébrités… qui recourent aux services de Mossack Fonseca pour dissimuler leurs actifs par le biais de montages offshore. Les journalistes se répartissent ensuite les enquêtes en fonction de l’identité des personnes impliquées. « Plusieurs confrères tombés sur des documents intéressants pour le lectorat français nous ont signalé leurs trouvailles – et vice versa« , indique Le Monde.

Quand l’investigation bascule dans le Big-Data

L’ enquête porte sur près de 40 ans, de 1977 à 2015. Des millions de données bancaires, de numéros de compte, d’immatriculations de sociétés et de mails ont été analysés.  Les médias partenaires du consortium ont eu accès à un total de  2,6 téraoctets de données. Comment explorer une si grande masse ? Le journal Le Monde explique que l’ICIJ a mis à la disposition des médias « des outils performants pour effectuer des recherches  dans les Panama Papers, notamment un moteur de recherche permettant de naviguer facilement au sein de ces données ».  Dans la foulée de la publication de ces premiers éléments, plusieurs pays dont la France ont ouvert des enquêtes pour blanchiment d’argent. Affaire à suivre !

 

Image de une: Capture d'écran Cash Investigation

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Diane Perpere

Convaincue du pouvoir de l'image, Diane est passionnée par le journalisme audiovisuel. Elle rejoint Medialism pour comprendre les rouages d'un monde fascinant en pleine mutation.

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