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Le robot entre dans les rédactions

Lorsque l’on tape le terme de « robot journaliste » sur internet, on tombe directement sur une question (alarmante) : « Les robots vont-ils remplacer les journalistes? ». La réponse est non. C’est par contre un nouvel outils émergent à prendre en compte.

Lors des dernières élections régionales, les algorithmes créés par Syllabs ont traité 1 300 000 données en 24 heures pour Le Monde, Radio France, L’Express et le Parisien. Une performance que les journalistes ne pourront évidemment jamais atteindre, et d’ailleurs, ce n’est pas leur but. Le terme de “robot journaliste” est mal adapté, car ces robots ne font que retraiter des données. On parle plutôt de “robots rédacteurs” mais là encore l’image d’un robot qui écrirait un article derrière son ordinateur revêt du fantasme et l’on est très loin de la réalité.. .

Derrière le robot rédacteur se cache en fait des algorithmes : des linguistes travaillent avec des bases de données pour générer des informations qui font sens. C’est le Monde qui a expérimenté en premier ces algorithmes pour générer automatiquement des textes lors des élections départementales 2015. Ils ont ensuite été suivis par d’autres médias, comme Radio France où une première expérimentation a été lancée lors des élections régionales. “Nous avons utilisé un logiciel créé par la société Syllabs afin de transformer de simples données chiffrées en textes censés”, explique Erwann Gaucher, directeur de France Bleu. Résultat ? Des données plus agréables à lire que de simples tableaux avec des centaines de chiffres.

Beaucoup de fantasmes derrière le robot journaliste

Si l’arrivée de ces “robots” fait peur, c’est que cette tendance est nouvelle. Une douzaine d’entreprises dans le monde ont créé des algorithmes de ce type. En France, seule la société Syllabs travaille pour les journalistes, depuis un an. En 2014, il n’en existait encore aucune en France.

“Cette nouvelle technique ne prend en aucun cas la place des journalistes : dans le cas des élections, le robot transforme en textes les résultats des 36 000 communes. Il est impossible de mobiliser une rédaction entière sur ça. Les robots nous permettent de se concentrer sur autre chose, sur des enquêtes par exemple”, insiste Erwann Gaucher.

Claude de Loupy, cofondateur de Syllabs appuie cette théorie: “Les robots sont des algorithmes, c’est important à comprendre. Ils font des choses que les humains ne peuvent pas faire et des travaux où l’intelligence humaine n’a pas d’intérêt”.

Quel avenir ?

 Si les robots ont surtout été utilisés pour traiter les résultats des élections en France, la question se pose de son intérêt pour traiter d’autres données. Le Los Angeles Times a par exemple utilisé les robots pour publier un article sur les tremblements de terre.

Au sein de la rédaction de France Bleu, on en est encore à l’expérimentation. « On a fait un premier essai satisfaisant. Il faut maintenant se poser la question de savoir si l’utilisation des robots est pertinente dans un autre champ d’action, au sein d’un média généraliste. Il a une utilité si l’on a une grande base de données à disposition comme c’est le cas pour les élections ou alors des données qui reviennent très régulièrement », explique Erwann Gaucher.

Ces robots rédacteurs ont de toute manière vocation à se développer sur le web. Une tendance qui émerge avec l’utilisation de la data, également de plus en plus sollicitée par les journalistes. « C’est évidemment quelque chose qui va décoller », conclut Claude de Loupy.

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Marine Delcros

En contrat de professionnalisation au sein du groupe de presse hebdomadaire Publihebdos, je me lance dans l'aventure Medialism pour traiter du sujet qui me passionne le plus : le journalisme et ses mutations, bien sûr !

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