Verifier les fichiers

Vérifier les fichiers : un guide pour les journalistes

L’actualité « chaude », le « hot news » demande aux journalistes d’être réactifs. Mais dans la précipitation, les professionnels peuvent rapidement publier des photos ou vidéos qui s’avèrent être fausses, ces fameux hoax. On peut notamment citer le cas du voyage d’un faux migrant en Europe lors de la récente « crise des migrants ». Il s’agissait en réalité d’une campagne dans le cadre d’un festival de photographie. Ou encore les nombreuses vidéos et photos en Syrie. Difficile de vérifier les fichiers.

Avec les réseaux sociaux, les intox circulent de plus en plus rapidement et touchent un très large panel de sujets d’actualité. Photos et vidéos sont souvent modifiées ou détournées. Et pour les médias, il est difficile de vérifier ces images sur le terrain. Heureusement, il existe quelques outils pour aider les journalistes à s’y retrouver et à repérer ces hoax.

Le Guide du First Draft Coalition

Les membres de la First Draft Coalition se sont associés pour créer des directives, pour les journalistes qui travaillent avec des documents, photos et vidéos, de citoyens témoins d’évènements.

Ce guide de vérification permet, en cas de nécessité, d’aider les journalistes dans leurs recherches et leurs vérifications de ces fichiers. Et pour cela, il est indispensable de suivre quelques étapes : chercher la version originale du dit fichier, connaître son auteur ou la source, savoir où, quand et pourquoi ces images ont été prises.

Sous forme de feux de signalisation, verts et rouges, ce guide permet d’évaluer si le fichier est conforme à la réalité, avant d’être publié par le journaliste.

Ce guide téléchargeable concerne autant les contenus vidéos que les photos. Imprimable, il peut donc facilement être consulté par le journaliste.

Lien pour le guide photo

Lien pour le guide vidéo

Les outils indispensables à la vérification

Il est souvent compliqué d’être sûr à 100% de l’origine du dit fichier publié par une tiers personne.

Êtes-vous capable de vérifier les données EXIF (Exchangeable image file format) du fichier, cette spécification de format pour les images provenant d’appareils photos numériques ? Avez-vous parlé directement à son auteur ? Avez-vous revérifié les images avec des cartes ou des images satellites ? Le temps observé dans le document correspond-il à celui du jour où la source assure l’avoir pris ?

Autant de questions qu’il faut avoir en tête lors de la réception d’une photo ou d’une vidéo.

Il faut donc commencer par s’assurer que la date est correcte ou que les détails de l’image sont cohérents avec le lieu indiqué. Vêtements, architecture, météo, couleur.. des éléments qui prennent ici beaucoup d’importance.

De nombreux fake sont des photos prises dans un tout autre pays. Pour éviter ce genre de piège, les journalistes réalisent des recherches géolocalisées. Il existe des outils, payants ou gratuits, tels que Yomapic, SAM Desk, Geofeedia, Gramfeed etc. Et les journalistes peuvent tout simplement utiliser le moteur de recherche avancé de Twitter.

Et lorsque le fichier est récupéré sur les réseaux sociaux, il faut toujours penser à étudier le compte de l’internaute qui le diffuse.

Certains outils peuvent aussi aider les journalistes dans l’analyse du fichier. Il est possible d’extraire, par exemple, ses données cachées. Lorsqu’une photo est prise avec un appareil numérique ou un smartphone, des données sont automatiquement intégrées au fichier. La date de prise de vue, la marque de l’appareil utilisé… Autant de données « cachées » qu’il est facile d’obtenir. Sur ordinateur, il suffit de faire un clic droit sur la photo et d’aller dans les propriétés. Ou vous pouvez aussi utiliser un outil qui simplifie cette tâche tel que Jeffrey’s Exif viewer. Cet outil permet aussi de placer la photo sur une carte si elle a été prise avec un smartphone.

Mais ces données se perdent très souvent lors de la publication sur le web, après être passé sur Photoshop ou si une personne cherche délibérément à vous manipuler.

Pour savoir si la photo n’est pas plus ancienne que la date indiquée, il est possible de passer la photo dans Google Images ou encore TinEye. Ces outils détectent si l’image existe dans des publications antérieures. Mais cette solution n’est pas une science exacte. Certaines photos peuvent encore échapper au réseau de Google.

Pour ce qui est des vidéos, il est possible d’en faire de même sur un site gratuit mis en place par Amnesty et Youtube. Mais si la vidéo a été modifiée, même très légèrement, ce système ne pourra pas établir de correspondance. A noter que ce système fonctionne uniquement pour les vidéos publiées sur Youtube.

Il ne s’agit là que de quelques outils et méthodes de vérification. Et aucun ne permet de déterminer à 100% de la véracité du fichier réceptionné. Les journalistes se doit de mener son enquête auprès de l’auteur initial et de recouper les différentes sources.

blank

Sarah Wargny

Journaliste en contrat pro chez M6, je m'intéresse au renouveau de mon métier. C'est donc très motivée que j'ai entamé l'aventure Medialism ! Contactez-moi

Leave a Comment